Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 546

lundi 9 mai 2016, par Anna Jouy

Je me lève à point d’aube je ne supporte plus. On a taillé l’heure trop court, la coupe ras le bol sans aucun doute.
On a décapé mon ouvrage de son vernis d’utile, je suis devenue le larbin de ma paie. J’y vais la main tendue.
À quoi bon, c’est jusque-là qu’on recadre, qu’on épure jusqu’à l’épuisement du verbe. Je me lève déjà raccourcie, étêtée conforme, forme de con.
Je prête mon corps aux rouages, l’âme désactivée.
Je vais comme cela sembler, ajouter ma pièce à l’engrenage.
Je serai écrou boulon, un outil de l’espèce. Il y avait des femmes, des hommes. Désormais compter parmi le genre des prototypes « accessoires » des modèles « ustensiles », genre monoblocs crachés à l’aube.
je pose mon souffle dans la sous-tasse.
A ce soir, lui dis-je doucement, je sors.
J’y meurs.

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