Journal poétique / www.jouyanna.ch

décalage

mercredi 11 mai 2016, par Anna Jouy

Ce n’est pas qu’on espère. Non. Cela n’a aucun sens. Il faut rester inconnu et secret, ne se dévoiler qu’à des gens rares et uniques. Voir sur leurs visages, un étonnement moqueur, une ironie passagère. Se retirer comme le Bernard l’Hermite nu dans sa coquille. Disparaitre, se cacher et continuer comme ça des traversées de livres, dans le désert de soi-même. La vie, on se l’ajuste, on se la fait sur mesure, à même la peau, à même la chair. On se sent d’un genre particulier. On est presque ému de ce qu’on est. Parce qu’on s’y croit, qu’on s’y accroche et que vraiment jusque-là on ne sait pas qui être d’autre. C’est une voie ouverte. Une voie tout court. Un moyen de surgir qu’on se dit, qu’on essaie de se dire. Qu’on balbutie et vers lequel la vie pousse. Une intuition magnifique ou miroitante. On ne sait pourquoi, on se dit qu’on est bien dans ce costume, que le chapeau est taillé sur l’auréole, que les manches sont ajustées et ne serrent pas aux épaules. On se dit que donc c’est peut-être bien ce que l’on est. Alors on pioche encore, on lit encore, on fréquente, on écoute. Mais pas assez, jamais à fond, distant de soi.

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