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puisqu’il est l’heure, les barrières sont...

samedi 4 juin 2016, par Anna Jouy

puisqu’il est l’heure, les barrières sont mises et la nuit me pousse, à la presse. manivelles intérieures, l’horizon est baissé.
je ne sais encore si cette roncière d’encre va me traverser ou me coudre. je passe parfois pour une transparence et parfois on dirait que j’ai l’âme épaisse et la cornée dure. le sommeil est une borne sans territoire ; alors que sera ce qui s’annonce ?

je guette à la fenêtre, la nuit est un très vieux regret qui sourd. où est l’amour que je n’ai su dire ?
je vois combien le noir avance, comment il roule autour de mon doigt un fil à tenir. je suis toute entière à la merci de la soie d’un dire. ton nom ne me dit rien et la nuit.

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Messages

  • La nuit est seulement l’angle mort du regard pour qui n’est pas aveugle en plein jour. Et qui n’aime pas ne cherche pas à s’éclairer en tournant et levant ou baissant la tête de tous les côtés en signant et acceptant même l’approbation ou son contraire. Ainsi en est-il des naufragés jetés du bord mais aux mains liées ensemble et ballotés par un destin dont ils ne sont pas maîtres. Ont ils le luxe de s’aimer ou de se haïr, ou plutôt de soutenir ceux qui sombrent, toujours augure d’un macabre lest ? Il ne reste à celui qui possède ses chaînes en partage que cette responsabilité là, la seule pour l’heure. Une barrière flottante tombée du bord à plat ferait une bouée de fortune confortable dans ce monde chaotique et incertain.

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