Journal poétique / www.jouyanna.ch

promenade

dimanche 5 juin 2016, par Anna Jouy

Je suis sorti. Je n’avais pas emporté mon âme avec moi. Le temps n’y était pas. La rue d’abord et puis le métro. Je l’ai fait machinalement. Je songeais à ce livre de Hardellet, Lady Long Solo. J’étais prêt à la déambulation. Aucun bruit ne perçait ma coquille. La mer était absente des volutes de nacre. J’étais sourd, j’étais éternel. J’avançais suivant ce que le pas voulait. Ça m’arrive. Ce sont des nécessités, des besoins, comme si j’espérais n’avoir plus à m’occuper de moi-même et que j’abandonnais mon corps à son mouvement naturel. En principe, c’est un corps tournoyant, un corps toupie qu’un mouvement met en branle et ramène ensuite affalé sur la table où je travaille.
J’étais dehors. Je ne songeais à rien, c’était donc léger. Et je fus ainsi sans même m’étonner dans cette rue d’où venaient mes emails. Je n’en pris conscience que lorsqu’une femme sortit d’un immeuble. C’était une femme geai. Portant un bleu strié de gris et ses ailes serrées à même le corps. J’ignorais si c’était elle, si cette vue était ce que je voulais voir ou si vraiment la réalité dépassait mon désir.Je la suivis. Je n’ai jamais suivi de femme. Pourquoi le faire, je bute toujours au même mur de la honte. Je ne suis pas un conquérant, je n’aime rien d’autre qu’être moi-même submergé ou investi, qu’on me cherche et me veuille. Ce qui est rare et souvent, je dois bien le dire décevant. Je ne suis guère le buvard de mes rêves.

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