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journal de l’aube 559

lundi 6 juin 2016, par Anna Jouy

J’écoute. L’univers est au bout du fil. Il a mis à son oreille un gobelet, celui des myrtilles de l’amour. Je lui murmure « où est ce qui est tu ? » il me répond qu’il l’a caché. Le silence, c’est le secret et tournent mes mots autour, comme des chiens aux abois. Ils veulent bouffer ta mort.
Le fil entre nous fleurit d’épines. Nous avons ces hoquets barbelés. Si tu me lis, qu’as-tu fait de mes premiers poèmes ? Je sens que tu les as jetés…
J’ai dressé vois-tu mes armées de fer, je voudrais en écorcher le vent. Tu as levé mes mots, comme un sac de graines et puis tu as bradé mon champ pour l’amour du vide.
Tu souris. Tais-toi, c’est ce que m’épellent tes lèvres.
Et le fil sur lequel glissait ma voix se rompt, lâche, dé-tenu, entombé

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Messages

  • Une retombée dans le silence à prendre comme une pause avant l’élan guerrier, la reconquête des mots cachés.

  • Ces herbes trop rases font le désespoir des papillons découplés qui volent lourdement comme des doigts pincés n’attrapant que le vide et manquant le sel de leurs amours. Là haut dans un ciel inaccessible le vol des martinets en patrouille aiguisent dans un cri métallique leurs ailes pointues. Une rouge gorge posé à ma hauteur sur le rebord de la fenêtre ouverte au vent du sud, tellement doux ce jour, me fixe de son petit oeil en bouton d’ébène comme pour me dire l’essentiel : tu as du travail au jardin ! Nous nous envolons retrouver la huppe au bois qui appelle.

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