Journal poétique / www.jouyanna.ch

Je n’écoute aucun bateau, le ciel

dimanche 12 juin 2016, par Anna Jouy

Je n’écoute aucun bateau, le ciel pourrait démâter le bonheur. Ce qui glisse maintenant est un drap, j’aime ce brouillard entre nous qui pose son silence.
Je ne sais pas comment tu fais pour marcher sur l’eau. On peut dire qu’il me reste des ronds qui repoussent aux confins des univers. Et à chaque saut, des grands oiseaux me couvrent de tes galaxies et des colliers de temps.

Je regarde à ma vitre. Parfois tu viens comme une trompe. Qu’on aurait creusée dans les feuilles souples d’un éventail. Je regarde à ma vitre. Parfois je vois que tu écris l’émeri du temps. Ton poinçon d’impatience piétinant le parterre et l’eau n’en finit plus de s’en aller.

Je remue le verre, j’essaie de reconfigurer la transparence. Il y a quelque chose de lointain qui s’avance et je suppose un cavalier et des fous de traverse. Ce n’est que de la pluie qui penche.

J’ignore pourquoi devant moi les dieux modulent tant de sons ; je perds ainsi mon innocence, je vis et sans fin j’éclate et meurs.
Et tandis que se lève la pluie, mon corps coule, prisonnier cassant de verre.


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