Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 612

jeudi 21 juillet 2016, par Anna Jouy

matin. pas de clarté. être cette mouche, avec ce bruit ignoble, bourdonnement de m... c’est moi qui passe. je voudrais tout refuser même la lumière mais elle glisse. elle imbibe que je le veuille ou pas.

toujours ces bouts de phrases inutiles. tout le monde les sait, les entend qui résonnent à l’arrière, qui s’activent et marquent le territoire. alors dire que la lumière imbibe et on sait déjà de quelle couleur je suis, une sorte mauve.
reste le choix de plonger ma tête dans l’élaboration de cette lueur, épellation quotidienne et répétitive de ce jeu de buvard entre nous deux, raconter en détail. Ou alors n’écrire plus que des têtes de chapitres et laisser couler le sens qui reste "à votre guise".
matin. côté fenêtre pas grand chose, l’orage maintient le blocus. pas de ligne là-bas, le ciel se confine en un gros tas de charbon. je ne vais pas veiller l’ombre.

faire des lignes avec des choses qui sautent, ma pensée est du morse électrique. ai-je besoin de m’expliquer à moi-même ce qui se passe - je sais que rouge, je sais que gris, que noir, je sais la traîne interminable de chacun de mes mots. de cet infini suite, personne n’en saura jamais rien.
je ne suis pas triste, pas mélancolique pas plus que je suis gaie ou ravie. chaque mot je l’invoque, souvent, pour tout ce qu’il cache dans son dos et que personne ne peut savoir. Mais par miracle parfois j’ai le sentiment que deux mondes se superposent un instant. je me sens privilégiée, au bord du mirage, idiotement à chercher cependant à traverser l’illusion, à la palper, à croire être deux en un seul dire.

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