Journal poétique / www.jouyanna.ch

mercenaire/4

samedi 23 juillet 2016, par Anna Jouy

Car je ne fus pas nourrie à des seins silencieux, ma langue perfore des membranes, une langue vêtue d’un étui galactique et cette pointe de compas quand les hommes cherchent encore leurs échasses.Une langue luxée...
Je ne glisse en ma bouche que ces syllabes expulsées des saillies. Je ne glisse.
Ma voix féconde alors des cortèges et les fanions rusés qui jalonnent le vent. Ces bruits, c’est la vie qui manifeste. Et se déclare. Elle pousse ses galets dans le ressac des hommes Je les vois qui tremblent et s’agitent. Leurs yeux retournent dans l’autre monde. Ils me rêvent et me déchirent, ils ont les lèvres toutes barbelées de cris.
Ils secouent le verbe, ils le jettent en moi.
Je ne veux être que sécheresse, que l’extinction blanche des races, je ne veux être que la disparition, l’engloutissement. Mais en mon ventre, pousse déjà la colonne de fièvre. La vie revient, la vie revient …
Car je ne fus pas nourrie à des seins silencieux.
J’achète enfin une écorce de nacre. J’y ensevelis le lait.

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