Journal poétique / www.jouyanna.ch

mercenaire/13

mardi 2 août 2016, par Anna Jouy

Ce n’étaient que des enfants, c’est-à-dire encore une neige neuve, des êtres fluides qu’il fallait laisser grandir. Nous dévorer. Il faut les nourrir de mots, les appeler aussitôt. Mais qui entend la stupeur des femmes ? On n’a pas idée, tandis que dorment les êtres dedans.

Je n’en gardais rien que quelques ombres. Un intérieur de molasses, les vertes murailles de la pierre que j’étais. Terre, tu portais l’unique dureté, le marbre prétentieux qui concassait les os des jeunes humains à venir.

La nuit, des portes coulissantes défalquaient les poisons de la vie, pour franchir le bruit encore, une immense verrière de bruits.
La mort dormait debout contre les murs et j’étais dressée pointes et ongles vers les choses que je n’avais pas acquises. Ni le vol ni l’eau. Nos oiseaux avaient le choix, écailles indéfinissables immatures, des ailes de corne.
Pendant que je veillais, guettais les artifices, comme ils picoraient les heures, les semences bourdonnaient et se soustrayaient. Je fermais les yeux et m’attendais. Je me laissais faire et l’instinct de la vie allait suivre ce fil mélodique.

Ce qui arrivait ne pouvait pourtant que surprendre.

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