Journal poétique / www.jouyanna.ch

mercenaire/16

samedi 6 août 2016, par Anna Jouy

Nous devions nous asseoir sur une perche, à pêcher l’aube jaune de l’été. Nous sommes à la fabrique des poussières, ce grand âge dont il faut croire chaque chute plus féroce.
Entre l’équilibre précaire, comme un étranger. Tombera, tombera pas mystère.
Je veux manger le réel comme des graines, savourer la piste des minerais de vie, une église après l’autre, avec des rubans d’encens où poinçonner nos plats. Des graines loquaces.
Nous suivrons à notre tour leurs échelles d’herbes grimpantes, nous saurons ce que couve le murmure du jardin.
Et nous saurons le taire, comme des enfants gâtés se moquent de l’impatience de leurs pères.
L’aube jaune maintenant rougit. C’est que le mal inonde. Le grand jour assassine nos épaules.

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Messages

  • J’aime l’aube fruitée à cueillir comme une pêche, les petits matins où la saveur, le chant intérieur du monde peut se déguster.
    Vrai que le jour masque et souille cette pureté originelle.
    Mais quand le crépuscule descend, le poète entend les chuchotements des pierres, ces secrets échangés sous la lune qui prépareront la venue princière de l’aube.

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