Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 618

mercredi 17 août 2016, par Anna Jouy

Attente régulière, organisée. Ici le temps passe par la serrure. J’attends le bruit du cadenas. Pour un filet de lumière. Pour l’œil jaune de la porte
Attente délicate, sur la pointe des pieds. Précaution d’oiseleur. Quelque chose s’apprête à s’enfuir et disparaître. C’est un poème qui passe, du mirage chaud, à la brume dissipée de la bouche.
Le ciel est jaune, prêt à éclater d’un rire de grêlons comme des œufs, cracher des molaires de glace
Il est devenu ce sable méchant qui s’entasse sur ma tête. Ça va me noyer. Il pleuvra des gouttes nées de poignées de dunes. Alors la nuit inattendue encore se tient derrière, prête elle aussi à m’enlever. Tout salir. Je cherche les rayons mais c’est le naufrage désormais, le revers de manche du cancre. J’écoute un piano rapide, nerveux minimal qui ne cesse de piquer mon sommeil comme une
rouille musicale.
Allonger ma souffrance, la sentir remonter sous la peau, de piques, de pieux poussant sous la chair, le feu
Allonger et chercher à tourner la page que je suis ; le ventre se plaint de la vie dure, des coups qui pèsent et déplacer la douleur de-ci de-là pouvait la faire disparaître

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