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journal de l’aube 631

les écueils de nuit

lundi 19 septembre 2016, par Anna Jouy

Il n’y a pas de meilleure pluie que celle qui lave les rêves. Nous dormions. Nous avions nos âmes très sales, comme des langes de poussière. Nous les avions sur la bouche, sur la poitrine, des bandelettes pour ficeler nos respirations ; nous étions des porteurs de désert.
Et puis le Temps est venu comme un grand chameau, un mulet, un ours, je n’ai pas compris. Il a brisé la route de ses pas a pulvérisé le voyage. Dans nos mains, il ne restait même pas une étoile. Nous étions des paralysés de l’espérance. Nous étions la fatigue, épuisés c’est-à dire vides.
La terre s’était couchée sur nous. Et nous dormions comme la mort.
Des jours encore et des nuits, nous avons senti les équateurs et les tropiques nous ceinturer la taille, jusqu’au point des vertèbres. Une ligne parfaite, l’horizon décharné. Nous étions la haie qui s’éteint, élaguée.
Alors la pluie.
Raide d’abord et puis souple, comme dansent les belles choses.

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