Journal poétique / www.jouyanna.ch

rêve

samedi 3 décembre 2016, par Anna Jouy

Déjà enfant, le monde vint s’écrouler dans ma chambre. Un dernier oiseau métallique ramassait les âmes et seule, herbe parmi les herbes, je vis s’écarter le ciel et la Terre, comme les lèvres de la mort.
Parfois je vais contre les murs car y coulent déjà les sables effrités de demain. J’espère que se désagrège la pierre humaine, mieux que la sombre bêtise qu’elle abrite car depuis les premiers rêves je porte en moi l’effroi d’être des hommes.
Au milieu de mon corps aussi, la cicatrice qui a noué le mal à la chair saute, rompue. On imagine l’état des lierres, les filandres de l’arrachement. Mais à ce prix peut-être, un souffle expiera le songe pétrifié.
Depuis j’ai encore pleuré mais jamais d’être sauve.

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