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lire un poème

mardi 13 juin 2017, par Anna Jouy

le poème est-il un déversoir à sentiments ? est-on dans ce besoin tel de parler de soi, de ce qu’on ressent ? ou est-ce autre chose...
des mots viennent et nous traversent. c’est la perception du monde, le flux que charrie le monde et qui nous parvient comme l’odeur de la vie en ce moment. et puis il y a cette incompréhension misérable de la vie et de son sens que l’on cherche et qui nous invite dans le plus petit ou le plus immense à fouiller sans cesse à l’aide de notre parole. on ne parle pas de soi, mais du voyage de soi.
je me lève le matin, comme toujours je me coiffe, me parfume. ce jour peut être aussi beau et je viens de sentir le malheur de tant d’autres qui a glissé comme une caravane noire dans ma chambre. alors il faut écrire.
parfois dans le plus sombre, une nappe d’amour vient d’être mise et malgré moi il y aura de l’amour au menu du poème.
toujours le poème est au centre des questions et des sens alertés
toujours il offre une réponse autre différente et perplexe qui propose aux hommes l’inquiétude entremêlée de joie.

je regrette le peu d’intelligence que l’on m’accorde (à moi et tant d’autres femmes) en ramenant chaque texte à son fait divers. c’est triste et sourd et puis c’est le regard général accordé à la poésie féminine.

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Messages

  • le dernier mot est en trop
    tout le reste est juste

  • pas sure que ce soit réservé aux femmes
    pense que c’est plutôt dû à la difficulté pour le commun des mortels de parler de la poésie, je n’ai pas dit de la sentir... alors on se rabat pour dire quelque chose sur l’anecdote quand on la comprend

    • avez-vous déjà lu des critiques de poésie écrite par des hommes d’aujourd’hui où on trouverait des références à leur psychologie, leur névrose, leur chair inassouvie ? oserait-on ramener ces hommes à leurs instincts,à leur quotidien ou n’essaie- t-on pas de prime abord une analyse un peu plus élevée, de leur langue, de leurs rapports aux mots ?
      se permet-on de critiquer leur personnalité, leur égo ?
      ne les prend-on pas au sérieux, eux ?
      et combien de fois l’hystérie, le déséquilibre, le vécu, le quotidien sont-ils mis en avant dans les analyses de poésie féminine ?
      combien de femmes dans le panthéon des poètes ?
      vous a-t-on déjà suggéré de venir vous faire baiser, suite à la lecture d’un texte ?
      vous a-t-on déjà reproché de n’avoir pas une écriture qui "cogne, qui frappe" qui percute, un style tueur, viril sans état d’âme et d’avoir une voix féminine...?
      dans les grandes collections de poésie des éditeurs, combien de femmes ?
      dans les sites consacrés à la poésie, quelle part pour les poètes féminins ?
      pensez-vous qu’en interrogeant les gens de la rue ils seraient aptes à vous citer plusieurs poètes femmes ?
      quelle place dans les bibliothèques en ligne, pour les auteures poètes ?

      la femme- moitié de la population terrestre- n’est pas convoquée pour saisir agrandir, développer ou dire le monde. c’est une réalité et qui est tout simplement révoltante. à ne pas minimiser du tout.

      depuis quelques siècles, les femmes sont confinées dans le rôle de leur sexe, ce qui les a poussées à exacerber tout ce qui a trait à le mettre en valeur, mode cosmétiques, apparences, beauté... être sexy. et jamais encore on a été aussi massivement soumises à ces diktats. la plus obscure petite fille veut devenir une de ces poupées humaines, croyant que c’est le plus valorisant destin.

      la poésie des femmes pourrait modifier grandement cette société. qu’elles se taisent donc.

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