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On a pris ce gros couteau aigu et tracé sur ma...

samedi 28 octobre 2017, par Anna Jouy

On a pris ce gros couteau aigu et tracé sur ma peau un chemin à deux lèvres, on a écarté les sols de ma cuisse. Déchiré ses muscles enlacés.
Je porte désormais dans une poche révolver un coutelas mystérieux avec des dents de fer, que je secoue au gré de mes bottes, grelots d’agrafes et de pustules, la musique des gringos desoperados. C’est une cartouchière cousue dans la chair, un sourire menaçant, « approche mon nid et je te dessoude ! Gamin ».
Mon territoire de désir est dressé de barbelés dont il faudra désormais caresser les épis de la main. Elle saignera le tendre avant de plumer l’oiseau.
On a pris ce marteau, cette scie, ces pinces coutumières. On a battu ma viande. J’étais comme une truie rose sur l’étal du boucher, dormant pourtant, béate, en attendant dieu seul sait quel prince ! Et me voici, mordues entailles, à essayer vaguement de marcher droit.

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