Journal poétique / www.jouyanna.ch

n’être que personne

dimanche 18 janvier 2015, par Anna Jouy

Quelques lueurs, des filandres d’air arrachées au mirage
Le ciel est propre, mon amour
Je n’ai plus que mes ailes pour faire du kérosène sous les bleus, traces qui ouvrent des bras si larges qu’ils s’éventent. Partage-t-on jamais le ciel de son nuage ?
Et quelques herbes encore, des sécheresses qu’on devine derrière la frange des balayeuses
Le sol est propre, mon amour,
Plus que mes propres pas pour marquer la blancheur des rubans, trames qui ourlent des horizons si profonds qu’ils m’échappent, dans le siphon du passe-temps. Partage-t-on jamais la route de son voyage ?
Le crâne est propre aussi, purgé anéanti de la poussière disséminée de mes pensées.
Propre.
Alors faire allégeance toujours à des vœux de boîte et d’os ou finir dispersée, si béante que n’être d’aucune image. Le crâne le cou la gorge, passés au rouleau, peinture fraîche comme un Rothko intrigue.
Ce blanc que je réclame pour y poser le doigt, ce blanc dont je dispose qui s’interpose.
Pour ce qui m’est propre
Et mon regard rincé, avec son puits qui tourne en poisson d’or. Et l’effroi des restes du com-prendre combien il faut de temps durs pour atteindre son propre affront.

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