Journal poétique / www.jouyanna.ch

Terre vendue

climat-pollution

dimanche 29 novembre 2015, par Anna Jouy

Me mettre à l’abri, il y a encore un peu de vent à serrer contre moi, une sorte de froidure à porter comme un bijou.
Entre détresse, ta place est ici, dans ma honte, le territoire perdu de mon innocence. J’ai vraiment trop joué. J’ai jeté en l’air la pluie, les récoltes. J’étais la pire, la violente assassine, la plus folle inconsciente, j’étais si étourdie. Maintenant c’est ton tour, tu me frappes, tu me manges. C’est l’heure de ton pain. Tu as appris le feu et tu jongles.
Le mal de mé-savoir m’a trop bien domptée. Je ne voulais rien apprendre et rien n’est entré dans ma tête, pas le moindre silence, la plus belle paix, aucune réflexion de soleil sur la glace. Je n’ai fait aucun devoir. J’éludais sans cesse la tâche que tu me donnais. « Que feras-tu du beau que je te montre ? » me disais-tu. Tu avais semé pourtant le doute, la question. J’aurais pu en faire quelque chose. Je n’ai rien fait, qu’y chercher des choses à vendre et mon âme aussi.
Tout brûle maintenant, mon ciel, ma terre. Mon âme vendue n’est rien, rien que la Terre puisse garder, un chiffon souillé dans le dépotoir de l’avenir. Mourrons, c’est bien la seule bonne chose qui nous reste ; nous serons peut-être plus fertiles que vifs.


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