Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 549

vendredi 13 mai 2016, par Anna Jouy

Je pose la nuit comme un collier aux rêves rouges, à l’échancrure. Ce seront des perles d’un monde en feu. Le crépuscule a dû tomber en billes sur le sommeil. Ça fait du bruit qui s’éparpille. Des sirènes précieuses. Je ne sais laquelle m’appelle.
De loin reviennent d’autres cargos, les ombres glissent graves dans ce chœur des orages.

Je me heurte à ma peur, toquer à la porte d’un songe pourrait emplir ma maison. Je repars, le craquement d’un silence fait lui aussi des bulles, tandis qu’il me rend machinal un ticket de survie.

Là-bas, un homme ronge le vent, son assiette pleine d’arbres. Il voudrait avaler la forêt qui murmure. J’entends que le réveil pique l’heure au point droit. Je suis cousue à l’orée du soleil.
Je tends la main pour m’unir au lointain, seul le secret secoue nos paumes. Nous n’avons encore que les lumières bleues de nos âmes.
Alors un fermoir sur le cou,il faut quitter le bal.

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