Journal poétique / www.jouyanna.ch

mercenaire/11

samedi 30 juillet 2016, par Anna Jouy

Il fallait chaque matin convertir le rouge en rosée, en sertir les yeux dans les feuilles. Les mots eux-mêmes étaient de terrifiants globules que chassait la lumière.
Je voulais tant comprendre
Et savoir pourquoi du sang on inventait la malédiction.
J’avais perdu la clef des perles, les nacres irisées des levers
Et toujours à l’heure du temps, j’ouvrais les planètes de ma race
Vides coques brisées

J’écrivais des mots qui me tueront une fois
Comme il fallait raser les heures de la rosée avec une faux de soleil.

Il fallait le matin rassembler entre les doigts les mutations, la fracassée silencieuse des mondes que je perdais, rentrer le fleuve dans des cotons et laisser sécher la vie
Jusqu’à ce que mort s’en suive

J’étais ainsi comme un feu qu’on retirait du monde, j’étais comme un feu en exil dans le briquet des essences fertiles
J’étais une murène vive accrochée au sexe de l’océan, un ondoiement viscéral et des dents plantées au cœur de son silence.

Je ne vaincrai pas malgré mes épaules taillées pour naitre
Je ne vaincrai pas car le poids de l’aube est sur mon ventre et des armées repoussent en lui l’enfant
Jusqu’à ce que mort s’en suive.


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