Journal poétique / www.jouyanna.ch

mercenaire/17

lundi 8 août 2016, par Anna Jouy

La nuit est un grand lit dressé, les hommes y appuient leurs membres d’oubli. Ils portent des brassards de deuil comme des paquets de mort, enrubannés de l’ombre. Et comme ses messagers, l’obscurité les désigne sentinelles.
Je prends alors mes pas les uns après les autres, graines de chemin entre leurs arcades. Ils veillent à jeter sous mon pied des entorses mais je prie alors, des psaumes aux lampes funambules.
L’air en est rempli.
Et derrière moi de loin en loin se referment les voiles de la lumière. J’ai acquis les droits du sang. Mon marbre saigne avec la lune, une pâleur à son point de rosée. Chaque goutte. Chaque goutte.
La nuit, personne ne dort. Elle est enflée d’amour. Ce qui suinte à la peau de l’obscur, ce sont des écailles ou des larmes selon que tu seras de l’eau ou des ongles.
Je vois alors des carapaces, et parfois des saules le long de mes rivières.


kees van dongen

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