Journal poétique / www.jouyanna.ch

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vendredi 8 août 2014, par Anna Jouy

train qui sépare. on se quitte. épreuve qu’on dit sans importance et puis qui s’avère plus difficile que prévue. les gens parfois on les trouve, on n’aime guère les perdre.

le train fuit, s’enfuit, ciel très bas, couvercle de brumes. ça file sous l’étoupe et me donne une impression de saison avortée. il fait un temps qui ressemble aux chansons de Brel avec des trucs qui se pendent au travers de la gorge et au bout une breloque agitée, l’alarme : chercher la force de continuer.

il est pourtant question d’abandon dans le fond de l’âme, comme toujours. question de ne pas savoir vraiment à quoi s’accrocher, un état connu même quand je porte mes socques de plomb dans la maison...
alors que dire de l’amplification de mes déséquilibres qu’il y a dans cet ailleurs ?

je fais à chaque fois une expédition de reconnaissance dans l’instable qu’est ma vie. je la déporte vers un autre endroit et je vérifie... oui. l’exil fait partie des vraies souffrances du monde.

poser la tête dans un angle du train, dans la banquette de velours rouge. repasser par les chemins, les balises de l’amitié généreuse, en vrac.

ne rien saisir de la langue employée, entendre que ça vibre dans la gorge et moins dans la boîte crânienne. adorer cependant tenter la chose en répétant des bribes de phrases. parfois des connexions nerveuses se mettent à vibrer, un peu d’anglais un rien d’allemand et beaucoup de schweizertüch. je comprends parfois juste quelques mots, petit brassage et melting pot, traduction fantaisie pour le pur plaisir de faire sonner les mots

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