Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 298

mardi 25 novembre 2014, par Anna Jouy

Sur la table de travail les ingrédients de poème et de prose, lectures. Brasser.

Ma tête est un saladier (d’un autre argent.) je ne me sens pas triée. Est-il tant besoin de tasser, d’empiler divers ?
L’écriture elle aussi ne serait-elle pas plus belle, métisse des races de parole ? Y a-t-il une place pour les seigneurs ? Une autre pour les impurs ? Mort donc aux hermaphrodites de la texture ? Ou faudra-t-il encore bien des meurtres et des guerres pour qu’existe un état mixte dans l’écrit ?
Parlons là de livres parus… les classements éditoriaux, les genres étagés des libraires, cette ségrégation continue, empêchant des enfantements merveilleux. On sépare, on divise.
D’ailleurs parmi les poètes il en est encore pour imaginer être d’une sorte d’élite, ce qui est une excellente façon de gangréner l’immensité du terrain de liberté et de jeu qu’est la poésie, garde-fous empêchant tant de lecteurs de s’y ébattre.

Tandis que le plus simple enfant s’ouvre sans effort à la merveille poétique, faites lire un poète à un lecteur "ordinaire" (dans la moyenne du consommateur de livres) et il vous assurera qu’il n’y comprend rien.. normal depuis le temps qu’on lui fait croire que c’est pour d’autres maturités de l’esprit.

C’est ainsi qu’on en arrive à lire avec dévoration des romans décharnés et dont la seule substance vive est de nous raconter l’histoire qu’on a envie de lire (ce qui est déjà bien certes !) sans nourrir notre propre langue et imaginaire (tout en alimentant par contre les groupes éditoriaux)

La foison créative que pourrait représenter une littérature mixte… et quelle ouverture d’esprit et de liberté. A se demander si le cloisonnement n’est pas une volonté sous-jacente de l’abrutissement général programmé..

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