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dimanche 4 janvier 2015, par Anna Jouy

dans la boîte
mille feuilles de mémoire, le bréviaire des jours. piliers d’agenda, les gratte-ciel se mêlent les pinceaux avec des gratte-papier. la forêt se dénude et plus passe le temps, plus surgit ce relief de veines et de sèves ; pages à terre l’écritoire en chute de ciel. l’éphéméride s’amincit, l’existence bientôt sans substance d’un côté et ces monceaux de faits, de gestes, de caillots d’encre sur des buvards sans importance de l’autre.

j’entasse les mots, j’édifie le livre, j’engrosse sans cesse le temps de paroles. mais plus se construit cette épaisseur de papiers, plus s’élime mon essence, se rabote mon importance et mon sac à viandes. je déverse ma matière dans un monde littéraire, j’élague ainsi la touffeur sauvage de la jungle de ma vie.

je toucherai sans doute une clairière.

est-ce dans l’entre que se tient le tout ? lumière et ténèbres.
j’ai les bras ouverts et l’espace.
je suis de l’aube, de la baise à la pénombre des peaux .
de cet instant écarté, du mystère noir et des furies de lumières.
parfois l’émail rouge de la pluie glisse sur mon cou. parfois dans mon dos, le songe sombre des souffles. parfois ces pâleurs des paupières ou alors la nuit.
dans mon rêve, le temps se dilue et je disperse l’univers en éclats de raison.
en plein jour je plonge mes racines dans des humus, je déplie le réel jusqu’au soleil. je suis deux toujours, femme homme, âme de sang et lumière noire. je me tiens écarquillée à la fente du temps, aurore. grise d’aucune tristesse mais d’une folle ivresse.


prémonitions ou roue qui se tourne parmi...

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