Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 476

vendredi 16 octobre 2015, par Anna Jouy

Je vis ces temps avec ma chevalière, je déroule mes centimètres souples, les longueurs, quelques foulées. Tenir du bout des doigts l’ourlet du domaine. On ne peut guère aller plus loin que sa toupie. C’est un étourdissement intérieur. Je n’ai pas de plaine où me perdre. Pas de mer où me noyer. Le pays décidément m’offre une âme étriquée où brament des bosquets à l’orée du jardin. Il faut exercer son échelle, tendre ses steeple chase haut le front, réclamer sa part de hauteur. Sans cesse hisser son drapeau, vigie de taupinières. Imaginer une île.
Du doigt montrer non plus la lune, mais une lueur indéfinissable. Celle-là même qui échappe aux arpenteurs. Défier la mesure, défier la barrière qui vieille le bord du monde. Je ne recule que pour mieux sauter dans le puits intérieur.

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