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journal de l’aube 500

lundi 7 décembre 2015, par Anna Jouy

Plus s’éloigne la lampe, plus il faut entendre.
Je coupe les cordes du vacarme. L’instinct a deux lames, on ne fait pas la guerre avec une paire de ciseaux, le puits et l’oubli profond qui y dort.
La tête boit, aucun monde n’a une soif si vaine.
J’encuve des mots.
Ils arriveront par la porte comme des fluides sous le seuil.
Je prépare le sol d’éponges et de fiel.
Il y aura à boire, sa propre soif, et ce sera plus vénéneux que la buée de leurs mains moites.
Je fréquente le zinc de l’invisible, respire à la paille coudée ; l’air est au-dessus des noyés.
Il me reste un tunnel à boire.
Ne pas confondre le bar du pauvre avec le service du sang.
L’amour a toujours soif, c’est le bavard quêteur des salives.

Constellation des ténèbres. La poussière de la nuit est une cargaison d’astéroïdes. J’aspire l’univers et je le crache, plus loin, pour sceller mes mensonges.
Partout, il faudrait un diseur d’édicules, ce temps a besoin d’être dressé, une pousse arrogante de perce-neige affronte bien le ciel.
Le corps est une épine, poitrine bandée vers le cosmos.

Mais plus s’éloigne la lampe, plus l’urgence de ressentir.
La peau attend sa décharge savante, le mordançage parfumé de la lune.
Je côtoie la nuit parce que mon esprit s’égare et que revient le loup dans les traces du mouton.

Je teste le dernier fluide humain avant de creuser mon île dans la mer.

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