Journal poétique / www.jouyanna.ch

bol d’or quotidien

samedi 23 janvier 2016, par Anna Jouy

Le désordre que fait parfois le matin. Ces manières brutales de rentrer dans la chambre en vous jetant à la face un seau de lumière. Le jour vous noie aussitôt emplissant le corps des narines au ventre de choses à faire.
Vous refusez le joug, la selle vous vous cabrez. Tous les gestes ensuite ne seront que des retards rattrapés, des essoufflements sans remise, la peine bloque et grince. Vous allez courir après l’ajustement, la giclée d’huile à dégripper. Vous ne vous rattraperez jamais. Vous êtes promis à n’être que par portions, décentré, quelques orbes de vous hors du champ de vivre.
Une orée, une aura, ces anses par où l’on vous aborde d’ordinaire, ces plages douces, ces petits ports d’accueil, ravis des regards et vous-même aurez perdu le chemin ! Vous caboterez ainsi dans les heures errantes, tâtonnant les berges, sans mettre pied en vous, sans descendre à terre. L’instable mer sera votre lumière, aveuglante. La terre en sera noire. Vous écoperez ce terreau, sans cesse, votre devoir d’abordage. Et il faudra accepter alors que seule la nuit prochaine saura vous ramener à votre nature. Ce soleil brûlera ses cartouches à vos dépens.

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