Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 519

vendredi 19 février 2016, par Anna Jouy

Les nuits traversent la route. Elles ont des yeux de bêtes qui chassent.
Jamais les oiseaux. L’hiver leur soude le bec au pic à glace.
Rien à dire. La colère, l’impuissance désherbent. Me sens arrachée par toutes les tiges, déracinée. Je suis rendue vide. La parole ne descend plus, elle rôde dans la tête, elle s’agite. Elle rumine à l’envers du poème.

Le matin, les livres se taisent, les poètes me regardent. Ils ont des mots comme des trottoirs, des avenues, de la voie. Mais j’ai les jambes rabotées, je ne marche plus. Suis interdite de chemin comme d’autres de jeux...
Les livres sont muets, le ciel, la nature, les gens ; affreusement la mort, la fin émane et rien qui me gracie.
Je ne peux pas écrire.
Il y a dans ma tête un bouchon des lièges étanches de la peur, de la colère. Je vis sous occupation. Mes yeux ne voient rien, ils se vissent au cirage du temps et n’attirent à eux que de la poudre.
J’en veux à ces violeurs de me trouer la langue, éponge de fiel et de colère, elle me dégoutte.

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