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journal de l’aube 525

lundi 7 mars 2016, par Anna Jouy

Tu connais maintenant la forme sans anicroches du temps. Il te fout la paix, ne préoccupe plus tes mains. Ton corps parfaitement adapté au moule de glaise. Tu es le puisard. La forme du temps est ronde, lisse, continue. Tu la sais comme tu te sais toi-même identique sans surprise. Là-haut pourtant le ciel passe et te reluque, espace variable. C’est loin comme une chute pesante. Tu es né de l’ombre pour tomber dans le ciel. La grande mosaïque de molécules qui te conçoit recèle des cosmos de bulles. Dedans, Abel regarde Caïn, un œil qui brille comme un têtard dans une cloche de salive. C’est l’obsédante attraction de la zone bleue. Tu démarres, tu embraies la course car tu as peur que le trou de lumière s’en aille, qu’il quitte ta tête. A-t-on déjà vu le ciel quitter les citernes ? Tu ne sais pas si la poignée de terre qui te ressemble peut changer la gravité du monde mais désormais c’est ainsi que roule et tourne ton univers. Il faut courir désormais, courser vite « obsédé » sur les parois profondes, baratter la vie. Alors échapper peut-être à la dalle gravée souterraine. Il s’agit, de plus en plus rapide, de s’accorder au manège. D’égrener le pas au rythme du moulin. C’est la prière du piétinement, la révolution ! Qui tourne sur elle-même et de la force qu’elle prend, l’emballement, s’élever.
À la gouge du pas tu marques le calendrier de l’ascension. Tu ne sais pas qu’encore longtemps tu seras ainsi agrippé comme une herbe dans les murs.

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